December 20, 2010

Le Hamas, Laurent Gbagbo et l’Occident ...

... l'insupportable deux poids deux mesures ...

Décembre 2010 : crise politique en Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo refuse de céder le pouvoir malgré sa défaite à l’élection présidentielle du 28 novembre. L’Occident exige le respect d’une élection qui s’est déroulée dans des conditions relativement correctes en invoquant le respect de la démocratie et de la volonté populaire des Ivoiriens.

Retour en arrière. C’était un 26 janvier 2006. Autre région mais une situation similaire. Ce jour-là, les Territoires palestiniens votent pour des élections législatives. Le scrutin, que supervisent des centaines d’observateurs internationaux, se déroule dans des conditions exemplaires de transparence. Le résultat est sans appel. Le Hamas remporte haut là main l’élection. Mais ici, c’est le contraire de la situation ivoirienne qui va prévaloir. Les Etats-Unis, Israël et l’Union Européenne se refusent de considérer l’issue du scrutin. Le parti sorti vainqueur des urnes se voit mis au banc des accusés.

L’Occident décidera de sanctionner le peuple palestinien pour avoir mal voté et très vite, les soutiens financiers des organismes internationaux se tarissent. A l’inverse du cas ivoirien, les perdants (le Fatah) se voient confortés dans leur refus d’honorer l’issue du suffrage. Dans la foulée, des dizaines de députés élus démocratiquement vont être jetés en prison par Israël pendant que les effets du boycott international vont finir d’accentuer la détresse d’un peuple palestinien (surtout à Gaza) qui ajoutera à son malheur le déshonneur.

    Des condamnations sélectives

    Ce traitement à géométrie variable démontre la grande incapacité des Occidentaux d’être à la hauteur des valeurs qu’ils sont censés incarner. Leur attitude est ici proche de l’hypocrisie. Comment peut-on exiger le respect des règles démocratiques dans un cas quand on les piétine allègrement dans un autre ? Ce deux poids deux mesures laisse un goût amer et pose de sérieuses questions sur les intentions d’un Occident visiblement davantage guidé par ses intérêts que par le respect de valeurs qui se veulent pourtant au fondement de son identité. Car somme toute cette politique est dangereuse, stérile et contre-productive. Dangereuse car elle renvoie de l’Occident une image désastreuse.

-- Oumma.com

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