November 30, 2010

A qui profitent les révélations de Wikileaks ?

Pour le plus grand bonheur de Tel Aviv

« Ces [révélations] n’affectent pas du tout Israël, peut-être même est-ce le contraire », a reconnu Giora Eiland, général israélien à la retraite et ancien conseiller d’Ariel Sharon. Ces documents, précise-t-il, « montrent que des pays arabes tels que l’Arabie saoudite s’intéressent bien plus à l’Iran qu’au conflit israélo-palestinien, par exemple ». Le Premier ministre est encore plus enthousiaste : «  Pour la première fois dans l’histoire, il y a un consensus pour dire que l’Iran est la menace ». 

Lyrique, Benjamin Netanyahu veut s’afficher comme un pacifiste  : « Si la divulgation amène les dirigeants de la région à parler ouvertement contre Téhéran, alors les révélations auront contribué à la paix dans le monde », ajoute-t-ilPriez de ne pas sourire : les documents révélés pas Wikileaks, décrivant une menace nucléaire croissante de la part de l’Iran, les liens de la Turquie avec Al Qaida en Irak, le danger pakistanais et la discorde au sein de la Ligue arabe font les délices de Tel Aviv qui œuvre, comme chacun le sait, pour « la paix dans le monde ». 

Gideon Lévy, chroniqueur au quotidien Haaretz, ne s’y est pas trompé : fin octobre, dans un éditorial satirique, il avait félicité, au nom d’Israël, Wikileaks pour avoir démontré au reste du monde que les exactions de guerre commises par les Américains étaient bien plus graves que celles effectuées en 2009 par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. De là à suspecter que Wikileaks est une habile opération psychologique sous-traitée par des services secrets, notamment israéliens, c’est une hypothèse, déjà populaire sur Internet, que rien de substantiel ne permet à ce jour d’étayer.

Une chose demeure pourtant évidente : en 2010, les révélations du site ont davantage embarrassé les Etats-Unis, ses alliés au Moyen-Orient et l’Iran qu’elles n’ont gêné d’autres puissances régionales comme la Chine, l’Inde et Israël....

-- via Oumma.com

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