Identité nationale, islam, laïcité : Nicolas Sarkozy dans le texte...En lançant son débat sur l’identité nationale, Eric besson, en charge du ministère homonyme, avait déclaré qu’il ne faisait qu’accomplir une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy. Il avait bien raison. Dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde, daté du mercredi 9 décembre 2009, le chef de l’état vient de clarifier sa position, dans ce débat.
Avant toutes choses, et pour bien appréhender le contenu de cette tribune, il est nécessaire de le replacer dans une perspective plus large de la politique sarkoziste, et de son évolution, ces six dernières années. Concernant le rapport à l’objet islam, on y distingue plusieurs étapes. L’étape pré-électorale, la période électorale et la gouvernance.
- L’étape pré-électorale est une étape mitigée.
A cette époque, l’ancien ministre de l’intérieur, fidèle à son opportunisme, mise sur une stratégie électoraliste communautaire, à plusieurs détonations. Sa vision de la carte électorale est faite de cercles concentriques qui se font face et, parfois, s’entrelacent.
Pourtant, la lune de miel islamo-sarkosienne ne durera pas. Sarkozy recentre sa stratégie et choisit de faire l’impasse sur le vote musulman, qu’il juge éclaté, non fiable et fébrile. Il privilégiera désormais un axe électoral conservateur, centré à la fois sur les chrétiens de droite, la communauté pied-noir et la communauté juive.
- L’étape de la période électorale confirmera ce choix.
Le mouton dans la baignoire ...
Il y fait ces déclarations : «Personne n’est obligé, je le répète, d’habiter en France. Mais quand on habite en France, on respecte ses règles, c’est-à-dire qu’on n’est pas polygame, on ne pratique pas l’excision sur ses filles et on n’égorge pas le mouton dans son appartement et on respecte les règles républicaines.» Le public applaudit.
L’allusion aux musulmans est ici, aussi frontale qu’amalgamée à des pratiques, soit très minoritaires (la polygamie), insignifiantes (le sacrifice de moutons à domicile), voire anti-islamiques (l’excision).
Mais l’effet sur l’électorat de droite est garanti et renforce la stratégie électorale du candidat Sarkozy.
- C’est dans ce contexte que s’est ouvert la polémique sur la burqa, puis le débat sur l’identité nationale, deux questions directement associées. La dernière intervention du Président Sarkozy est donc l’aboutissement d’une politique amorcée, il y a maintenant six ans.
L’identité nationale c’est l’antidote au tribalisme et au communautarisme. C’est pour cela que j’ai souhaité un grand débat sur l’identité nationale. Cette sourde menace que tant de gens dans nos vieilles nations européennes sentent, à tort ou à raison, peser sur leur identité, nous devons en parler tous ensemble de peur qu’à force d’être refoulé ce sentiment ne finisse par nourrir une terrible rancœur.
On remarquera l’emploi des termes tribu et tribalisme, ethniquement connotés, qui rappelle l’imaginaire coloniale du bon sauvage, éloigné de la civilisation et absent de l’histoire, termes directement opposés à nation, ... ou celui de communautarisme, vocable définitivement consacré pour désigner les musulmans et leur aptitude inexpiable, à se projeter dans une oumma, opposé à République. La démarche du président Sarkozy demeure essentiellement, exclusive.
Plus révélateur, et plus inquiétant, l’usage de l’expression « une sourde menace », indique explicitement la nature des considérations personnelles de Nicolas Sarkozy envers ses « compatriotes » musulmans ...
— Oumma.com
Lire plus...
[-] Fermer...